Entérite Nécrotique

L’entérite nécrotique est l’une des maladies les plus répandues et ayant le plus d’impact économique dans le monde. En effet environ 40% des lots de poulets de chair en sont atteints. Les symptômes cliniques peuvent causer des taux de mortalité de plus de 50%. Il a été estimé que cela coûte de l’ordre de 5 à 6 milliards de dollars par an à l’industrie du poulet à l’échelle mondiale. La forme sub-clinique est rarement détectée et n’est donc pas souvent traitée.

L’entérite nécrotique peut induire une baisse significative des performances en raison de la dégradation de l’absorption des nutriments. En effet, cela se traduit par une baisse du GMQ, de l’indice de consommation mais aussi une dégradation du bien-être animal. D’ailleurs, l’impact économique peut être encore plus important que pour la forme clinique.

Les facteurs de risque

L’entérite nécrotique est le résultat de la prolifération de Clostridium perfringens, une bactérie Gram-positive normalement présente dans le microbiote intestinal. Plusieurs facteurs peuvent avoir un impact considérable sur la prolifération de Clostridium perfringens dont, la conduite d’élevage, les facteurs nutritionnels, la coccidiose et la contamination en mycotoxines (Figure 1).

Figure 1. Facteurs influençant le développement de l’entérite nécrotique. Source: BIOMIN
Immunosuppression
Mycotoxines, Eimeria Spp., Protéine de faible qualité dans l’aliment, Clostridium Spp.
Réduction de l’intégrité intestinale, Réduction de la digestibilité des acides aminés, Production de toxines
Translocation de pathogènes, Fuite de protéines, Réduction de l’adsorption des nutriments
Accroissement des protéines disponibles dans la lumière intestinale

Nutrition

L’alimentation constitue un facteur de risque important ayant un fort impact sur l’incidence de l’entérite nécrotique chez les poulets de chair. Les protéines non digestibles telles que les protéines animales comme la viande, les farines animales ou de poisson ne peuvent être ni digérées ni absorbées dans la partie supérieure du tractus intestinal. De ce fait, la protéine s’accumule dans la partie inférieure du tractus gastro intestinal et constitue un substrat pour le microbiote. La fermentation de la protéine produit des sous-produits défavorables comme les amines ou l’ammoniac qui augmentent le pH intestinal et contribuent à la prolifération de bactéries pathogènes.

Une solution pour réduire la croissance et l’activité bactérienne est de limiter leur accès à la protéine, car c’est une source clé de nutriments. Beaucoup de producteurs passent à une alimentation 100% végétale par exemple. Cela permet d’accroitre la digestibilité des nutriments, ils sont donc absorbés et utilisés par l’oiseau et non par le microbiote. Certains additifs phytogéniques sont capable d’augmenter l’activité enzymatique endogène, ainsi, le poulet est plus apte à digérer et absorber les protéines et autres nutriments et les rendant ainsi non disponible pour le microbiote (Figure 2). La supplémentation en enzymes protéolytiques exogènes est une autre méthode qui peut aider à dégrader les protéines en excès.

Figure 2. L’effet des additifs phytogéniques sur la digestibilité iléale apparente chez les poulets de chair. (Hafeez et al., 2015)

Microbiote et développement du tractus gastro intestinal

La période post-éclosion est une phase critique pour le développement du tractus gastro-intestinal du poussin. La colonisation microbienne du tractus gastro intestinal à cette période influence beaucoup la santé du poussin. L’utilisation de probiotiques pendant l’éclosion et dès les premières heures de vie dans le bâtiment aide fortement à l’installation des bactéries bénéfiques le tractus digestif avant que les poussins ne soient exposés aux potentielles bactéries pathogènes et champignons du bâtiment. Cela permet de faciliter le développement du tractus digestif et aide à la protection contre les infections entériques (Tableau 1).

Tableau 1. Les effets des probiotiques sur les scores de lésion, la mortalité, et le nombre de CFU de C.perfringens chez des volailles souffrant expérimentalement d’entérite nécrotique. (McReynolds et al., 2009)

Score de lesion MortalitéLog10 CFU/g
Témoin négatif0.29b0/50 (0%)1.00b
Témoin Positif 1.33a13/50 (26%)3.42a
PoultryStar®0.29b3/50 (6%)1.90b

Coccidiose

Les infections coccidiennes d’origine naturelles ou par introduction à faibles niveaux par les vaccins vivants peuvent endommager l’épithélium intestinal. Cela engendre une fuite de protéines plasmatiques dans la lumière intestinale. C’est un nutriment intéressant pour C. perfringens, en effet il peut l’utiliser pour sa prolifération et la production de toxines. Cela peut réduire les performances et prédisposer les oiseaux à l’entérite nécrotique.

Les additifs phytogéniques et les probiotiques, combinés ou non à un coccidiostatique ou un vaccin, peuvent aider à atténuer les effets négatifs d’une infection à coccidies. Il a été montré, qu’ils permettent de réduire l’excrétion d’ookystes, la sévérité des lésions intestinales et les effets indésirables sur les performances (Figures 3 et 4).

Figure 3. Effet des probiotiques avec et sans vaccins anti-coccidiose sur les scores de lésions intestinales lors d’une contamination par coccidies. (Ritzi et al., 2016)

Figure 4. Effet du Digestarom® sur les performances des poulets de chair lors d’une contamination par coccidies. (Reisinger et al., 2011)

 

Mycotoxines

Mycotoxine – Métabolite fongique toxique produit par des moisissures communes présentes dans beaucoup de composants des aliments volailles – Elles peuvent directement réduire l’intégrité intestinale, cela conduisant à une diminution de l’absorption et de la digestion des nutriments. Cela conduit également à un accroissement de la perméabilité de la barrière intestinale. De plus, la réduction de l’absorption des nutriments et la fuite des protéines plasmatiques dans la lumière intestinale constitue un substrat pour la prolifération de C. perfringens.

Les mycotoxines affectent aussi l’immunité et ont une forte corrélation avec les infections entériques (Tableau 2). Compte tenu des nombreux effets toxiques des mycotoxines, un programme complet de gestion de celles-ci est essentiel pour protéger l’intégrité intestinale.

Tableau 2. L’impact de DON sur le pourcentage d’oiseaux affectés par l’entérique nécrotique (EN). (Antonissen et al., 2014)

Groupes DONC. perfringens% d’animaux avec lesions d’EN
C. perfringens seul-+20 ± 2.6b
C. perfringens + DON++47 ± 3.0a
DON seul+-0 ± 0.0
Témoin Negatif--0 ± 0.0

Produits

PoultryStar®

PoultryStar® est un produit symbiotique multi-souches bien défini, issu de la volaille pour la volaille, qui favorise la microflore intestinale bénéfique à travers l'action combinée de micro-organismes probiotiques et de fructooligosaccharides prébiotiques soigneusement sélectionnés.

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Mycofix®

La gamme de produits Mycofix® regroupe des additifs, spécifiquement conçus pour protéger l'animal, qui agissent en désactivant les mycotoxines contaminant l'aliment. Mycofix® convient à l'alimentation de la volaille, des porcs et des ruminants, des poissons et des crevettes.

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Digestarom®

Digestarom® est une gamme de produits phytogéniques spécifiquement formulés pour supporter la fonction digestive et améliorer l'efficacité alimentaire grâce à une combinaison unique d'ingrédients aux propriétés aromatisantes et biologiques. Digestarom® convient pour l'alimentation de la volaille, des porcs, des ruminants, des poissons et des crevettes et des animaux de compagnie.

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Réferences

Antonissen G, Martel A, Pasmans F, Ducatelle R, Verbrugghe E, Vandenbroucke V, Li S, Haesebrouck F, Van Immerseel F, Croubels S. The Impact of Fusarium Mycotoxins on Human and Animal Host Susceptibility to Infectious Diseases. Toxins. 2014; 6(2):430-452.

Hafeez A., Männer K., Schieder C., Zentek J.; Effect of supplementation of phytogenic feed additives (powdered vs. encapsulated) on performance and nutrient digestibility in broiler chickens, Poultry Science, Volume 95, Issue 3, 1 March 2016, Pages 622–629, Opens external link in new windowhttps://doi.org/10.3382/ps/pev368

McReynolds J., Waneck C., Byrd J., Genovese K., Duke S., Nisbet D.; Efficacy of multistrain direct-fed microbial and phytogenetic products in reducing necrotic enteritis in commercial broilers, Poultry Science, Volume 88, Issue 10, 1 October 2009, Pages 2075–2080, Opens external link in new windowhttps://doi.org/10.3382/ps.2009-00106

Reisinger, R., Steiner, T., Nitsch, S., Schatzmayr, G., Applegate, T.J. (2011) Effects of a blend of essential oils on broiler performance and intestinal morphology during vaccine exposure. J. Appl. Poult. Res. 20, 272–283.

Ritzi, M. M., Abdelrahman, W., van-Heerden, K., Mohnl, M., Barrett, N. W., & Dalloul, R. A. (2016). Combination of probiotics and coccidiosis vaccine enhances protection against an Eimeria challenge. Veterinary Research, 47, 111. Opens external link in new windowhttp://doi.org/10.1186/s13567-016-0397-y

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